Vas-y, marche dans cette rue, tel un funambule suranné qui aurait finalement décidé que sa corde était trop loin du sol.
Cest étrange nest-ce pas, cette sensation ? La sensation quon a en mettant un pied devant lautre dans le seul but que de déambuler
Déambule donc funambule somnambule dans les rues, puisque tu le veux. Regarde ces gens qui tiennent conciliabules lorsque tu croises leur regard
Ce désagréable picotement qui prend ta nuque lorsquun quidam plus curieux que les autres badauds se prend à tobserver à la dérober. Nais crainte, ils ne te veulent pas de mal. Tout du moins, pas pour le moment. Lidée naura point encore effleuré londée de leurs pensées que tu seras déjà loin, déambulant toujours plus aléatoirement le long du chemin.
Soudain, le ciel sobscurcit et la pluie commence à tomber, sabattant sur la rue comme laurait fait un poing rageur dans un mur de béton.
Fuis donc comme les autres te mettre à labri ! Pourquoi ne bouges-tu plus ? Pourquoi lèves-tu la tête en fermant les yeux, arborant un sourire si mystérieux que le sens men échappe ? Pourquoi sembles tu si heureux sous la pluie ?
Alors que tes paires se sauvent à la venue de cette pluie qui semble si destructrice, toi, tu attends là
Tu ne devrais pas ; ce ne sont pas les pluies de ton enfance. Cette pluie là nest pas de ces moissons qui abreuvaient les champs duruniens des siècles plus tôt.
Mais soit. Après tout, cest sûrement dans ta nature
Cest vrai que tu as toujours beaucoup aimé les interventions naturelles
Petit déjà tu restais des heures debout dans la neige, fermant les yeux et attendant que le temps passe
A moins que tu nattendisses que celui-ci ne sarrête ?
Mais alors que tes vêtements simbibent deau et que déjà les pluies acides font fondre ce que tu as de cheveux, ce déluge sarrête.
Allez, ouvres les yeux, il ny a pas de secret qui tiennent.
Eh oui, un parapluie. Cest un parapluie qui tas sauvé la peau. Si tu baissais les yeux dans la réalité et que tu quittais un instant du regard, ce parapluie noir qui te sert de toit, tu verrais enfin son sourire.
Regarde donc le sourire de cette femme ! Elle est bien charmante dans son tailleur sombre et ses escarpins bleu. Et ses yeux grands verts qui te questionnent. Elle est belle nest-ce pas ? Si seulement
« Excusez moi, mais vous ne devriez pas rester sous la pluie
De ce côté ci de la faille, les pluies sont acides à cause de la pollution
»
La personne à qui elle sadressait daigna la regarder, et après un temps dhésitation, il lui rendit son sourire. Quant à la jeune femme, elle avait perdu le sien et dévisageait enfin celui quelle venait dabriter. Il avait une étrange allure : de frêle carrure, elle laurait presque prit pour une femme ; et ses oreilles
« Dites moi, ne seriez vous pas un
elfe ? »
Le sauvé dévisagea sa sauveuse en souriant.
« Non, pas tout à fait. Je suis un demi-elfe et un peu perdu dans cette grande ville, je dois ladmettre. » Dit-il, paraissant mal à laise dans ces vêtements quil lui semblait porter si mal.
« Je peux peut-être vous aider qui sait ? Vous cherchiez à vous rendre dans un endroit en particulier ?
Non.
Ah bon
Cest bien dommage voyez vous car
»
Le demi-elfe jeta un regard sur un coin de ciel quil apercevait entre deux buildings de lhigh-tech Area, se désintéressant momentanément de sa sauveuse. Il nentendait plus que le bruit des charrettes faites de métal qui sarrêtaient devant une lueur rouge avant de repartir toutes vrombissantes quand celui-ci changeait de couleur pour devenir vert.
Une goutte deau perla au bord du rebord du parapluie, hésitant à aller sécraser sur le macadam. Malheureusement pour elle, et prisonnière comme elle létait du cycle auquel elle appartenant malgré sa volonté, la goutte translucide fit son premier et dernier saut de lange, rejoignant le bitume dans un petit « ploc ! » à peine audible.
«
appelle Angèle et vous ?
Mmmh ? Je
je mappelle Jonas.
»
Rien, aucunes paroles, juste un sourire
« La pluie à cesser. Je vais y aller Angèle. Merci pour le toit-qui-protège-de-la-pluie
Pa-ra-pluie. Cest un parapluie, lui répondit-elle en riant.
Pa-ra-pluie. Bien, je men souviendrai
»
Ils se sourirent, puis Jonas se dégagea de sous cet abri provisoire avant de penser à reprendre sa route.
« Dois-je vous faire mes adieux ma chère Angèle ou simplement espérer vous revoir? »
Les joues de la jeune femme sempourprèrent.
« Je ne sais
Nous verrons bien. Pour lheure cest un au revoir.
Bien. Au revoir dans ce cas
»
Jonas fut le premier à sen aller. Dune démarche mal assurée il tourna au coin de la rue et disparu à la vue dAngèle qui quant à elle navait pas bougé.
Le parapluie posé sur son épaule telle une ombrelle dun siècle passé, elle soupira avant de jeter un il sur le ciel.
Une goutte deau perla au bord du rebord dune gouttière, hésitant à aller sécraser sur le macadam. Malheureusement pour elle, et prisonnière comme elle létait du cycle auquel elle appartenait malgré sa volonté, la goutte translucide fit son premier et dernier saut de lange, venant éclabousser le bout du nez dAngèle avec un petit « ploc ! » à peine audible
Il te plaisait bien ce demi-elfe. Après tout, cétait la première fois que tu en voyais un. Il ta fait grande impression nest-ce pas ? Charmant, poli
tout pour plaire
Lhomme idéal. Ne soit pas triste. Après tout, toi, petite humaine à la longévité si courte, pourrais-tu seulement rivaliser avec la sienne ? Restes donc dans ton monde. Restes donc ici, à Kelestryan.
Non ?
Non ?!
Soit, vas-y, marche dans cette rue.
Cours !
Mais cours donc telle une petite funambule de pacotille sur sa poutre trop proche du sol pour que la prouesse en soit admirable !
Cest étrange nest-ce pas, cette sensation ? La sensation quon a en mettant un pied devant lautre dans le seul but de rattraper quelquun que lon naurait jamais du laisser partir.
Presse donc le pas somnambule éveillée dans les rues puisque tu le veux. Regarde ces gens qui tiennent conciliabules lorsque tu croises leur regard. Ce désagréable picotement qui prend ta nuque lorsquun quidam plus curieux que les autres badauds se prend à tobserver à la dérober. Nais crainte ils ne te veulent pas de mal. Tout du moins, pas pour le moment, lidée naura point encore effleuré londée de leurs pensées que tu seras déjà loin, courant toujours plus vite le long du chemin pour rattraper
« JONAS ! »













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